Par M. S. Alaoui
Et ce qui se tient entre les deux
« Le mal est venu en premier. Le monde était déjà corrompu lorsque Dieu parla d’établir un khalīfah. Le bien fut la réponse divine — non le point de départ. »
Contrairement à la doctrine religieuse courante, ce chapitre commence par une vérité saisissante, pourtant dissimulée en pleine lumière : dans la vision coranique, le mal a précédé le bien. La question des anges en 2:30 révèle un monde déjà marqué par la corruption et le sang — avant l’avènement d’Al-Insān. Cette clé change la lecture du rôle d’Iblîs : non comme une caricature de “méchant”, mais comme un élément d’un dessein métaphysique — l’antagoniste nécessaire du chemin humain vers la maturité spirituelle.
L’âme humaine est un champ de bataille. En chaque Insān réside une Nafs double — l’une qui ordonne le mal (nafs ammārah) et l’autre qui se reproche, réfléchit et rectifie (nafs lawwāmah). Ce conflit intérieur n’est pas une anomalie : c’est une architecture voulue — la structure même qui rend possibles la croissance, le retour à soi, et l’ascension. À partir de la psychologie coranique et d’une logique métaphysique, ce chapitre montre que le mal n’est pas l’opposé du bien — il est la condition à travers laquelle le bien peut être choisi et réalisé.
وَمَا أُبَرِّئُ نَفْسِي ۚ إِنَّ ٱلنَّفْسَ لَأَمَّارَةٌۢ بِٱلسُّوٓءِ
« Et je ne disculpe pas mon âme ; l’âme commande certes avec insistance le mal. » (Coran 12:53)
Le chapitre complet explore les racines du mal, le rôle cosmique d’Iblîs et la structure de la psyché humaine — en révélant que le chemin vers la lumière passe à travers l’obscurité. Il prépare ainsi le terrain pour comprendre la justice divine et le cycle de raffinement spirituel développés dans les chapitres suivants.
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